Quand un processus naturel devient un frein à la croissance

Dernièrement, je me suis rendu à Bilbao pour assister à un colloque qui, contre toute attente, s’est avéré plutôt intéressant. Il s’agissait d’un colloque économique consacré aux questions sociales, et je dois admettre que j’y suis allé en traînant des pieds. Mais j’ai bien vite changé d’avis une fois sur place, en particulier en entendant une certaine intervention. La plupart des interventions avaient un vague air de déjà-vu, mais un intervenant a abordé la question de la redistribution des richesses sous un angle original : il a démontré, avec de nombreux exemples à l’appui, comment et pourquoi la répartition de la richesse se faisait en fait tout naturellement en fonction du niveau de développement d’un pays. Je vais essayer de récapituler son propos de manière claire. Dans les sociétés où règne une pauvreté endémique, l’inégalité s’avère assez faible. Ce qui est, somme toute, logique : toute la population se trouvant prise dans le même état de précarité, les écarts de revenus s’avèrent plus restreints. C’est à partir du moment où une société commence à s’enrichir que l’inégalité prend de l’importance. Pendant cette période déterminante, la réussite tient en effet dans la plupart des cas dans l’accès aux moyens financiers. Etant donné que ces facteurs divergent considérablement d’une personne à l’autre, l’enrichissement au sein de la société est lui aussi partagé de façon très inégale. Ca, c’est le premier niveau d’évolution. Le second degré est atteint lorsque la société atteint un certain niveau de revenus. L’inégalité devient dès lors un sujet essentiel et la question de la répartition gagne vite en importance. Le citoyen conduit à faire de la redistribution une priorité dans l’agenda politique. C’est à ce stade que sont actuellement la plupart des pays occidentaux. Une politique qui a évidemment un impact considérable sur l’économie, comme le soulignait l’intervenant de ce colloque à Bilbao. Car cette obsession croissante apportée à la répartition nous a fait perdre de vue l’intérêt qu’il fallait porter à la prospérité. Serait-ce là la prochaine phase de l’évolution sociale ? Un mix plus équilibré entre social et libéral ? J’ai véritablement aimé ce séminaire en Espagne – et je vous invite à suivre le lien pour vous inscrire au prochain événement l’année prochaine.

Les dons passent aussi par le Crowdfunding

La clochette de l’Armée du Salut tinte au-dessus du chaudron de Noël depuis 150 ans. Mais cet appel aux dons ancestral est aujourd’hui distancé par des campagnes au retentissement beaucoup plus grand, aux montants encore plus impressionnants, sans avoir à mobiliser des bénévoles dans le froid. Ces collectes ont trouvé un nouvel allié : les plateformes de financement participatif. Adieu la clochette, bonjour Internet. Un nombre croissant d’associations, d’ONG, et même des antennes des Nations unies, organismes intergouvernementaux, lancent de nouvelles pistes pour récolter des dons ou financer des projets humanitaires en ligne. Un moyen moins humain peut-être mais plus efficace. Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) vient ainsi de lancer une campagne sur le premier site de crowdfunding mondial, l’américain Kickstarter. Les fonds collectés doivent financer des aides d’urgences pour les réfugiés, notamment Syriens. Pour chaque somme, le site donne une indication de son utilisation : 30 dollars permettent de couvrir des besoins en eau de 50 personnes et 600 dollars donnent accès à l’éducation et aux soins pour un enfant pendant un an. A la différence des autres campagnes Kickstarter, il n’y a pas de montant minimum en deçà duquel celle-ci échoue sans recevoir un centime : tous les fonds récoltés seront utilisés (ils sont d’ailleurs déductibles fiscalement). L’initiative a déjà largement dépassé le million de dollar récolté, une somme qu’il aurait été bien difficile de mobiliser en dehors de la plateforme et qui ravit Céline Schmitt, responsable de l’information à l’UNHCR de Paris : « Nous essayons de développer de nouvelles levées de fonds privées car les ressources des Etats ne suffisent plus face aux crises. » D’autres projets sont en cours d’élaboration, avec Airbnb notamment, pour pallier ce manque. Selon l’UNHCR, moins de la moitié de ses actions pour les réfugiés autour de la Syrie ont trouvé les financements nécessaires pour cette année. L’exposition et l’efficacité de ces campagnes sur Internet les ont rendues indispensables. Dans cette veine, d’autres associations ont aussi lancé des collectes, comme SOS Méditerranée qui, avec le soutien de Médecins du monde, récolte des dons sur le site Ulule pour financer un bateau et aller en aide aux réfugiés. La campagne a déjà recueilli plus du double de son objectif initial. Même démarche après les inondations meurtrières dans le sud de la France, le journal local Nice-Matin a lancé un groupe d’entraide sur Facebook et une cagnotte sur Ulule. Il faut dire que le journal connaît bien les vertus de la plateforme, c’était grâce à elle que les salariés avaient récolté en 2014 plusieurs centaines de milliers d’euros pour racheter leur propre entreprise. Pour le directeur général adjoint du site de financement participatif français Ulule, Mathieu Maire du Poset, ces initiatives existent depuis leur lancement il y a cinq ans : « On a déjà eu plus de 3 000 projets portés par des associations pour des projets humanitaires ou solidaires. Les petites associations le font surtout parce qu’elles n’ont ni les moyens, ni les compétences pour organiser une récolte de dons traditionnelle. Les grandes associations, comme la Croix Rouge, le font pour diversifier leurs actions et leurs publics. » S’immiscer dans des modèles déjà répandus sur Internet pour toucher des publics qui ne feraient pas l’effort de se mobiliser dans d’autres structures : ce serait la clé du succès. Même si ce modèle n’est pas toujours adapté et peut présenter des effets pervers. Ainsi, les sites de financement participatif fonctionnent souvent comme un système de prévente, avec des contreparties. Chez Ulule, cette règle vaut pour 98% des projets, ceux-ci ne peuvent être considérés comme des dons. Lorsque des associations reconnues d’utilité publique veulent véritablement mettre en place une campagne de dons – donnant droit aux déductions fiscales qui vont avec – d’autres règles doivent être respectées. La contrepartie ne peut pas alors dépasser 25% de la valeur du don.

L’enfer de la Syrie

Un an après le lancement des raids aériens, alors que Paris et Moscou entrent en scène, la situation ne cesse d’empirer pour les Syriens. Témoignages de réfugiés en Turquie.Dans son habit noir de deuil, la jeune veuve chétive, réfugiée depuis quelques jours chez sa tante à Nizip, cité turque frontalière de la Syrie, a perdu même l’énergie et la voix pour protester contre son sort. Depuis la mort de son mari, lors d’un raid aérien mené par les appareils de la coalition internationale, elle a tout essayé pour rester dans sa ville de Manbij, située à une cinquantaine de kilomètres au nord-est d’Alep et contrôlée depuis près de deux ans par Daech. La jeune femme a réclamé auprès des services du groupe Etat islamique l’allocation prévue pour les veuves, qui devait leur permettre de survivre tant bien que mal, à elle et à ses deux petits, âgés de 1 et 3 ans. “Ils m’ont imposé de suivre une formation durant un mois à la mosquée, explique-t-elle. Ensuite, malgré une série de démarches administratives, ils ne m’ont rien donné. Pourtant, ils avaient réquisitionné mon mari, employé à la compagnie d’électricité. Il a été tué lors d’un bombardement alors qu’il posait un câble. En général, seuls les habitants sont touchés par l’aviation. Les chefs de Daech et leurs djihadistes étrangers y échappent la plupart du temps. Dès qu’ils se cachent, nous autres, les civils, nous savons qu’une frappe est imminente.” Depuis plus d’un an, la coalition internationale réunie par les Etats-Unis a mené des centaines de raids aériens en Irak et en Syrie contre les positions du groupe Etat islamique. Le bilan des opérations est pour le moins mitigé. Depuis quelques jours, pourtant, voici que d’autres avions de combat traversent le ciel syrien. L’offensive fracassante du président de la Russie, Vladimir Poutine, le 28 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU puis celle de son aviation sur le territoire syrien ont suivi de peu les premières frappes françaises contre des positions de Daech. Au nom de la lutte contre l’organisation terroriste, une nouvelle compétition oppose les grandes puissances, engagées dans une guerre à l’efficacité douteuse sur l’ennemi désigné. Les habitants des zones bombardées sont les seuls à pouvoir témoigner concrètement de leurs effets. Eux seuls peuvent mettre des noms sur les “536 à 1550 civils tués par les frappes”, selon les chiffres officiels du Central Command (Commandement central des forces armées) des Etats-Unis, qui revendique par ailleurs la mort de 15000 combattants de Daech. Ce dernier bilan soulève depuis quelques semaines une polémique jusque dans les milieux du renseignement américain. Car les rapports des analystes du Central Command auraient été “enjolivés”, selon plusieurs médias américains, afin de satisfaire les exigences de la Maison-Blanche, décidée à présenter des résultats positifs dans sa lutte contre l’organisation terroriste. Vue du terrain, Daech ne semble pas avoir beaucoup souffert d’une année de frappes quotidiennes sur les zones qu’elle contrôle. Au mois de mai dernier, les djihadistes sont même parvenus à étendre leur territoire aussi bien en Irak, en conquérant la ville de Ramadi, qu’en Syrie, en prenant Palmyre. Avant d’entrer en action et afin de démontrer que seul le régime de Bachar el-Assad, allié de Moscou, saurait combattre le terrorisme, les Russes ont débarqué ces dernières semaines sur la côte syrienne des renforts substantiels en hommes et en moyens militaires lourds, notamment aériens. Le 17 septembre dernier, à Raqqa, “capitale” de l’Etat islamique autoproclamé, dans le nord du pays, un habitant parle de “folie meurtrière sans précédent”. Après des mois d’absence, l’aviation du régime a mené une douzaine de raids sur différentes positions habituellement visées par la coalition dans la ville, faisant au moins 40 morts parmi les civils. Le lendemain, c’était au tour de Palmyre de découvrir la nouvelle puissance de feu de l’armée syrienne, qui a dû abandonner la “perle du désert” à Daech en mai dernier. Pas moins de 25 raids ont été comptés en une journée, entraînant la mort d’une trentaine de civils. Comme souvent, le nombre des pertes dans les rangs de Daech reste un mystère.

Un colloque pour en finir avec la pauvreté ?

Il est un fait avéré que le libre marché ne plaît ni aux technocrates ni aux intellectuels de haute naissance. Il faut dire qu’ils ont du mal à contrôler le système libéral, et que cela les effraie en conséquence. De fait, ils ne manquent pas de le déprécier chaque fois que c’est possible. Et l’argument qui revient le plus souvent dans leur bouche, c’est l’idée selon laquelle le libre marché serait un poison pour les plus pauvres. Cette idée donne donc une justification de prime abord humaniste à leur répulsion viscérale pour le libre marché. A les entendre, les pays défavorisés seraient ruinés par la barbarie du libre marché et la condition des plus pauvres s’en retrouverait encore plus pénible. Mais cette croyance n’est posée sur aucun fondement sérieux. Durant un colloque à Rome jeudi dernier, un participant s’est amusé à décomposer en détail cette croyance, et je ne résiste pas à l’envie de vous résumer très rapidement son propos. Comme il l’a brillamment montré, cette affirmation est en fait complètement à l’opposé de la réalité. Les individus des pays pauvres endurent par-dessus tout un manque de libre marché, et en aucun cas un trop-plein. Les plus pauvres résident traditionnellement là où on bafoue leur droit fondamental de vivre comme ils le veulent. Étouffer le libre marché est en effet une manière comme une autre d’étouffer la liberté. Le libre marché est donc pour cette raison neutralisé dans des dictatures comme le Congo. Très logiquement, un pouvoir qui ne permet pas à son peuple d’avoir la liberté de voter n’acceptera pas que celui-ci effectue ses choix au sein du libre marché ! Durant ce colloque à Rome, l’intervenant a même poussé plus loin sa plaidoirie, en montrant que le libre marché est au contraire extrêmement utile aux populations les plus démunies. Cela leur donne en effet l’occasion de proposer leur labeur à un public bien plus important, et leur permet de profiter d’un meilleur accès aux biens et services en tant que clients. De fait, de nos jours, les populations démunies dans le monde dédient un budget bien plus faible à la nourriture que par le passé, et ce grâce au libre marché. Pour les pays pauvres ayant choisi le libre marché et l’ouverture des frontières pour l’importation de produits, le peuple profite non seulement d’une meilleure sélection de produits, mais aussi à des prix bien plus avantageux. Suivez le lien pour en savoir plus sur ce séminaire en Italie, et notamment pour identifier les conférenciers.

100 Million de dollar pour un extra-terrestre

Iouri Milner s’apprête à dépenser 100 millions de dollars pour réaliser le projet de Stephen Hawking dont le but est la recherche de civilisations extraterrestres. L’investisseur russe a annoncé le lancement du projet aujourd’hui, lors d’une conférence de presse. Il a précisé que Stephen Hawking, physicien et cosmologiste britannique, ne sera qu’un “leader idéologique” du projet. Les moyens financiers nécessaires à la recherche de civilisations extraterrestres seront accordés par Iouri Milner au cours des dix prochaines années. Si ce dernier n’est pour l’instant que le seul investisseur, le projet reste cependant ouvert à d’autres investisseurs. Il est envisagé que les télescopes les plus puissants tels que Green Bank situé aux Etats-Unis ou bien Parkes situé en Australie soient utilisés dans le cadre de ce projet. Les télescopes seront connectés à un logiciel spécial élaboré dans le cadre de la recherche. Selon M.Milner, les nouvelles technologies permettront de traiter le signal avec une rapidité beaucoup plus grande qu’avant. “Cela signifie que nous pourrons traiter une certaine quantité d’information en un seul jour, et non pas en un an comme c’était le cas avant”, a expliqué l’homme d’affaire russe dans une interview accordée au journal RBK Daily. L’équipe compte multiplier par 50 la sensibilité du système de signaux et décupler ainsi élargir la zone d’observation de l’espace. Deux voies principales vont être développées dans le cadre du projet — Breakthrough Listen, censé capter des signaux de civilisations extraterrestres, et Breakthrough Message censé transmettre des messages de la Terre. C’est ainsi que l’investisseur russe a l’intention de ressusciter le projet SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) en le faisant passer à un niveau supérieur. Initialement, le projet, lancé en 1959, était financé par des Etats, mais dans les années 1990, le financement public a été coupé. Depuis 1995, les projets du type SETI sont donc lancés grâce à des investissements privés. Iouri Milner est avant tout connu comme un investisseur dans les projets numériques. En 1999, il a commencé à investir dans Internet en devenant actionnaire du service de messagerie Mail.ru. Entre 2005 et 2009, il a investi plus d’un milliard de dollars dans plus de 30 entreprises comme Facebook, Twitter, Sportifv, Groupon et Alibaba Group. En 2015, Forbes a évalué sa fortune à 3,2 milliards de dollars.

3 Rafales pour l’Egypte

Dassault Aviation a livré lundi à l’Égypte les trois premiers Rafale jamais exportés par l’avionneur français. Ces trois avions de combat s’envoleront mardi pour l’Égypte depuis la base militaire d’Istres. Dassault Aviation a livré lundi 20 juillet à l’Égypte les trois premiers Rafale jamais exportés par l’avionneur français. Ces trois avions de combat, qui font partie d’une commande de 24 unités passée en février, s’envoleront mardi pour l’Égypte depuis la base militaire d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône. La cérémonie de remise des trois avions s’est déroulée au centre d’essais en vol de Dassault Aviation à Istres, en présence du PDG de l’avionneur Éric Trappier et de l’ambassadeur d’Égypte en France, Ehab Badawy. “Cinq mois, c’est un temps record dans le milieu aérien”, explique Armelle Charrier, envoyée spéciale de France 24 à Istres. “Trois pilotes égyptiens ont été formés. Ce sont eux qui prendront pour la première fois les commandes de ces Rafale demain pour les emmener en Égypte”, a précisé la journaliste. Les trois avions livrés ce lundi seront prélevés sur le quota réservé à l’armée française, “parce qu’il n’est pas possible aujourd’hui de construire trois avions en cinq mois”, a indiqué Armelle Charrier. Sur ces Rafale initialement destinés à la France, le système d’armement nucléaire a donc été retiré. Trois autres Rafale seront produits cette année et livrés début 2016 à l’Égypte, au lieu de l’armée française, qui en reçoit habituellement 11 chaque année.

J’ai testé la supercar

Vendredi dernier, par une belle journée ensoleillée. Je gare ma 308 sur le parking et la quitte sans un regard. Elle me paraît bien ridicule, en cette journée un peu particulière. Car dans quelques minutes, je vais conduire une Lamborghini. Et sur circuit de course, histoire de ne rien gâcher ! Bien sûr, ma famille m’a escorté pour cette journée un peu particulière. Après tout, c’est tout de même elle qui m’a procuré ce stage. Je donne mon permis au guichet et gagne la file. Je suis surpris par le monde. En même temps, ça me rassure : ça veut dire qu’ils sont demandés. J’ai découvert sur des forums bon nombre de critiques sur des stages de pilotage particulièrement frustrants. Mais ça ne semble pas être le cas ici : certains y ont déjà fait trois stage de pilotage. Nous gagnons la salle de briefing où un instructeur nous explique les bases du pilotage. Il nous donne des préceptes assez élémentaires ; l’objectif n’est pas de nous transformer en pilotes mais de mieux appréhender les phénomènes physiques qui se produisent quand on pilote. La salle est pleine à craquer. Chaque apprenti-pilote est venu avec sa petite famille ; et ça en fait, du monde ! Vingt minutes plus tard, on gagne l’entrée du circuit où nous sommes accueillis par Maxime : c’est lui qui manage l’organisation au micro. Il appelle tour à tour chaque participant, qui s’équipe alors d’un casque et rejoint le véhicule qui l’attend. L’atmosphère est très bruyante, mais tout paraît organisé comme un ballet. J’entends soudain mon nom au micro et embarque à bord d’une Porsche Panamera pour observer le terrain. Celui-ci présente plusieurs courbes serrées mais également une superbe ligne droite pour s’offrir un pic de vitesse. Après ce premier tour de piste, je dois de nouveau attendre sur le bord de piste. Je ne sais qui, de mes enfants ou moi, est le plus excité. Puis mon nom est une fois encore appelé. Cette fois, c’est du sérieux. Sous les cris de ma famille, je rejoins la Lamborghini et m’installe côté conducteur, et finalement, j’appuie sur le bouton rouge et le moteur se met à vrombir. Il est temps de voir ce qu’elle a dans le ventre. Je m’engage dans la voie d’accélération pour entrer sur la piste. Les premiers instants, tout ce dont je rêve, c’est d’accélérer au maximum. Mais cette Lamborghini est un bijou de 490 chevaux : il vaut donc mieux la piloter… prudemment. Ce serait dommage de rejouer la scène d’Ayrton Senna. Le moniteur à mes côtés me fournit quelques conseils pour freiner et aborder au mieux les lacets. Le rugissement du moteur résonne dans tout l’habitacle. Je suis aux anges. Malheureusement, les 3 tours passent vite. Beaucoup trop vite. Et c’est avec une nostalgie déjà grandissante que je retrouve à mon grand regret ma 308. Je vous laisse imaginer le décalage…Pour plus d’infos, allez sur le site dédié au stage de pilotage.

Ma Grèce ne remboursera pas

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a confirmé le 30 juin que la Grèce ne paierait pas avant la fin de la journée l’échéance de 1,5 milliard d’euros qu’elle doit au FMI. Le ministre, attendu par les médias à l’entrée de son ministère, s’est vu demander si le paiement aurait lieu. “Non”, a-t-il laconiquement répondu avant d’aller à son bureau. Le non-paiement des 1,5 milliard d’euros au FMI, qu’Athènes devait rembourser d’ici 22 heures, est un événement exceptionnel mais il était attendu depuis plusieurs jours par les créanciers et les marchés compte tenu des relations actuelles tendues entre le gouvernement grec et l’UE et le FMI. Par conséquent les réactions devraient être mesurées. Lundi soir, le Premier ministre avait déjà prévenu qu’Athènes n’aurait pas de moyen pour payer le FMI en raison de “l’asphyxie” financière dans laquelle il se trouve. Cela est dû au refus des créanciers de prolonger le programme d’aide UE et FMI d’ici fin juillet après le déroulement du référendum. Ce programme arrive à échéance également le 30 juin. Le 27 juin, les créanciers ont vivement réagi lorsqu’Alexis Tsipras a annoncé l’organisation d’un référendum le 5 juillet au pays. Les Grecs sont appelés à dire “oui” ou “non” aux nouvelles mesures d’austérité, proposées par les créanciers. Selon certains dirigeants européens, ce référendum est crucial et porte surtout sur le maintien du pays dans la zone euro. Cette position est rejetée par Alexis Tsipras qui espère toujours avoir un accord dans le cadre européen, tout en insistant sur l’allègement des mesures d’austérité, et l’engagement des créanciers à réduire la dette publique.

Londres perd son âme

En tentant d’attirer à tout prix les hommes les plus riches de la planète, la capitale britannique est en train de se manger elle-même. Le quotidien le Guardian a consacré un long article (repéré par Reader) aux évolutions de la capitale britannique: Londres est en train de «se manger», raconte l’auteur Rowan Moore. Paradis des milliardaires comme l’a affirmé son maire qui fait tout pour les y attirer, Londres est une des villes les plus désirables au monde, et l’investissement immobilier y atteint des records. Et là-bas comme ailleurs, cette spécialisation de la ville dans l’accueil des plus fortunés a ses inconvénients: la question est de savoir à quel point les choix de la municipalité finiront par mettre en péril les raisons mêmes qui ont fait la renommée de la ville. Des commerces de proximité et des petits ateliers de fabrication sont poussés vers l’extérieur par les prix de l’immobilier et les programmes de rénovation. L’espace se contracte pour ces activités pourtant essentielles au dynamisme économique et culturel de la ville: préparations alimentaires et de boissons, textile, high-tech, verreries, réparation de voitures. Un problème que connaissent aussi les artistes qui ont un atelier à Londres: ils doivent s’y maintenir pour avoir accès aux galeristes, aux collectionneurs et acheteurs et pour être à proximité des techniciens de l’art et de tout l’écosystème artistique de la capitale. Les marchés, les pubs, les avenues commerçantes et les communautés qui les fréquentent disparaissent ou s’éloignent. Des lieux gay et lesbiens, notamment certains pubs, sont eux aussi menacés: or la présence d’une communauté gay est souvent associée à une vie urbaine dynamique et diverse, et les transformations des quartiers gays sont un signal inquiétant –également à Paris, où la transformation-gentrification du Marais est préoccupante. Nous voulons vivre dans une ville dont les priorités sont d’être un lieu abordable pour travailler, élever nos enfants et faire fonctionner nos petites entreprises Le site City Metrics publie de son côté un article révélant qu’alors que Londres pouvait compter sur 350 salles de concert en 2007, celles-ci n’étaient plus que 260 huit ans plus tard: là encore, c’est l’attractivité d’une ville qui se vend comme «créative» qui, à terme, est menacée. «La plupart de ces pertes ont la même cause, écrit le Guardian, qui est qu’il n’y a pas d’utilisation plus profitable d’un terrain que le développement résidentiel.» En particulier dans le haut de gamme pour une clientèle internationale, qui n’y loge qu’épisodiquement: ce qui contribue à vider la ville de ses fonctions habituelles. Dans la foulée de cet article très remarqué dans le monde anglosaxon, le site Boing Boing a publié un témoignage qui illustre parfaitement l’ampleur des changements en cours. L’auteur, qui annonce qu’il quitte Londres pour Los Angeles avec sa famille, écrit: «Nous voulons vivre dans une ville dont les priorités sont d’être un lieu abordable pour travailler, élever nos enfants et faire fonctionner nos deux petites entreprises. Mais Londres est une ville dont les deux priorités sont de se transformer en terrain de jeu pour les élites mondiales les plus corrompues qui transforment le voisinage en une série de coffre-fort surélevés vides et sans âme, et de continuer à encourager la criminalité téméraire et irresponsable de l’industrie financière (et ces deux faits ne sont pas sans lien).»

Jardin secret

Il y a quelques jours, j’étais en Haute-Savoie et j’ai profité de mon séjour pour y faire un petit voyage insolite. Je me suis en effet rendu à l’ouest d’Annecy pour y découvrir Lagnat-Vaulx et ses fameux Jardins Secrets, dont j’avais entendu parler sur internet : des jardins féeriques qui s’étendent sur 7000 mètres carrés et qui méritaient bien un petit mot de ma part ! On pourrait croire que ce lieu est la réalisation d’un rêve pour son créateur, mais la réalité n’est pas toujours l’aboutissement d’un rêve. Quand le couple Moumen a acheté une ferme savoyarde du XVIIIe siècle dans le hameau de Lagnat, en 1980, sa seule ambition était de créer et de décorer des meubles au cœur d’une région où les lacs d’Annecy et d’Aix-les-Bains servent de miroir aux montagnes environnantes. Mais ce paysage d’eau, de pierre et de bois a créé l’alliance de leur inspiration. Car petit à petit, pour leur seul plaisir, Nicole et Alain Moumen, aidés de leurs trois filles, se sont ingéniés à créer leur « folie » : un palais féerique assorti de décors extérieur et intérieur inspirés de leurs voyages à travers le monde. Des arches, des patios, des salons, des fontaines et des canaux emplissent donc l’espace sur 7000 mètres carrés, illuminés par une profusion végétale renouvelée chaque saison et des jeux de lumière nocturne qui illustrent ce palais des mille et une nuits moderne d’où exhalent des senteurs de bois, de fleurs et d’épices. Des jardins magiques et insolites, nés de l’audace et de l’imagination, que la famille Moumen, consciente d’avoir créé un jardin extraordinaire, ouvre au public depuis 1994, pour ne pas en faire une « cité interdite », mais un havre de paix, comme un avant-goût d’éden. Le lieu foisonne d’amour, de poésie, et des milliers d’amants anonymes sont invités, chaque année, à venir rêver, en sachant que le bonheur est peut-être là, dans la passion et l’enfantement d’un rêve. La prochaine fois que vous passerez en Haute-Savoie, ne manquez pas de découvrir ce jardin de conte de fée. J’ai découvert l’existence de ce lieu sur un site web consacré aux voyages insolites. Si vous êtes à la recherche d’activités originales, je vous recommande d’y jeter un œil : c’est voyage insolite.