Dans ma foi, j’ai traversé des moments d’obscurité

Le pape François a reconnu dimanche avoir traversé lui aussi “des moments d’obscurité” dans sa foi et que “certains jours celle-ci ne se voit pas” mais qu’avec le temps on la retrouve. “Moi aussi certaines fois j’ai traversé des moments d’obscurité dans ma foi, et la foi a beaucoup baissé, mais avec un peu de temps on la retrouve”, a lancé le pape lors de sa visite aux paroissiens de Sainte-Marie de Setteville, dans la municipalité de Guidonia, aux portes de Rome. “La foi certains jours on ne la voit pas, tout est noir”, a-t-il poursuivi dans son discours improvisé. “Hier par exemple j’ai baptisé 13 enfants nés dans les zones sinistrées par les séismes (environ 300 morts cet été, ndlr) et il y avait un papa qui a perdu sa femme et on se demande si cet homme peut avoir la foi”, a raconté le pape argentin. “On comprend qu’il y a de l’obscurité, il faut respecter cette obscurité dans l’âme. On n’étudie pas pour avoir la foi, on la reçoit comme un cadeau”, a assuré Jorge Bergoglio. Le pape argentin a également invité les jeunes de la paroisse à ne pas se satisfaire de la messe du dimanche, mais à aider les pauvres et les vieux, à communiquer avec leurs parents. “Si je dis que je suis catholique et si je vais tous les dimanche à la messe mais ensuite je ne parle pas avec mes parents, je n’aide pas mes grands-parents, les pauvres, je ne vais pas trouver les malades, ça ne sert à rien, ce n’est pas un témoignage”, a-t-il dit. “De cette manière on n’est qu’un chrétien perroquet, des mots, des mots, des mots. Le témoignage chrétien se fait avec trois choses: les mots, le coeur et les mains”, a conclu le pape.

A Los Angeles

L’économie française ne décolle pas

Pourquoi l’économie française ne décolle pasLa France s’éloigne chaque année davantage du petit club des pays européens qui ont accompli au moment où cela était opportun les réformes essentielles. Triste fin d’année pour l’économie française. L’activité ne décolle pas. Alors que la plupart des pays européens, à l’instar des Pays-Bas, vont dépasser 2%, notre pays n’aura aucune chance d’atteindre les 1,5% prophétisés depuis des mois par le gouvernement. La dernière note de l’Insee estime qu’on s’en tiendra à 1,2% seulement. Autant dire que les Français continuent d’avoir le sentiment qu’ils sont dans une période de stagnation et que la course à la croissance annoncée dans les tribunes du pouvoir n’est qu’une vaste chimère. En fait, l’économie ne se remet pas de la purge exceptionnelle que lui a fait subir François Hollande au début de son quinquennat. Trente cinq milliards d’euros ont été prélevés sur les particuliers, ceux qui de plus étaient le mieux à même de faire fonctionner la machine de l’activité. Et malgré les dires officiels, le pouvoir n’est jamais revenu en arrière : au contraire, il menace de durcir encore les prélèvements sur « les plus riches ». En second lieu, l’instabilité fiscale donne le tournis : aucun autre pays européen ne modifie sa législation pratiquement chaque année, empêchant les entreprises d’avoir une politique à long terme. Et ce ne sont pas les prévisions de baisses d’impôts prévues dès le mois de janvier prochain (alors qu’elles devaient entrer en vigueur en août, mais c’eût été après les élections !) qui modifieront la donne. La conséquence de la politique de gribouille conduite par la France apparaît clairement : elle s’éloigne chaque année davantage du petit club des pays européens qui ont accompli au moment où cela était opportun les réformes essentielles. On note ainsi une divergence croissante entre la France et l’Allemagne : la hausse des prélèvements obligatoires se poursuit car elle n’est pas compensée par la baisse des charges du pacte de responsabilité. Par ailleurs, l’excédent commercial allemand continue de progresser, alors que c’et le déficit qui nous tenaille. Enfin, la dette publique représente 96% du produit intérieur brut en France contre 60% en Allemagne. Finalement, l’écart entre les deux pays est passé de 6,8 à 8,6% du produit intérieur brut entre 2008 et 2015. Les raisons de cette dégradation sont bien connues et répétées à longueur de rapports : la France est incapable de se réformer, il suffirait pourtant de copier nos partenaires sur les mesures essentielles, mais les rigidités de notre système de travail, l’absence de véritable dialogue social nous empêchent d’avancer. Et la situation ne peut que se dégrader, car les conditions de la conjoncture seront moins favorables l’an prochain : nous avions bénéficié der la baisse des taux d’intérêt, alors que ceux-ci amorcent leur remontée, nous avions un pétrole au plus bas, alors qu’il opère un bond sérieux. Autre handicap : les hausses de salaires annoncées vont être grignotées en partie par une inflation qui montre à nouveau le bout de son nez. La France, au cours de son histoire, n’a jamais été capable de progresser sans une dévaluation de sa monnaie, qui lui donnait l’impression de se réformer en douceur. Depuis l’euro, cela n’est plus possible. Elle se trouve ligotée et contrainte d’opérer les changements au forceps. Cela signifie que François Hollande laissera un cruel héritage à ses successeurs.

1ère conférence historique sur le Su-25

Le vieil adage, “le bon outil fait le bon ouvrier” s’applique aussi bien au combat aérien qu’à la menuiserie. Les missions aériennes, comme celle de supériorité aérienne, d’appui aérien rapproché, de frappe en profondeur, etc. nécessitent généralement des moyens apparemment contradictoires : par exemple, le blindage lourd qui protège un pilote engageant un site antiaérien devient un sérieux handicap dans le cas d’un combat aérien. Le succès dans les airs demande une connaissance complète des forces et faiblesses de chaque appareil. Les paragraphes suivants détaillent chacun des appareils pilotables et proposent un résumé de leurs rôles au combat. Le Su-25 Frogfoot ressemble fort peu au A-10A américain, pourtant il a été conçu pour le même type d’appui aérien rapproché (CAS) ou mission d’attaque au sol. Le Su-25 a été construit pour opérer au plus près de la ligne de front du champ de bataille, pour décoller à partir de pistes rudimentaires “non optimisées”. Il peut emporter avec lui des outils, des pièces de rechange, des batteries auxiliaires, une pompe manuelle pour le réapprovisionnement en carburant ainsi que d’autres fournitures utiles à son déploiement. Il supporte une grande variété d’armes pour la lutte antipersonnel, l’interdiction de piste et la lutte antichar. Le cockpit renforcé et sa verrière blindée aident à protéger le pilote de l’artillerie anti-aérienne (D.C.A.) et des armes de petit calibre pendant les engagements à basse altitude. S’insérant à faible altitude, le Su-25 chasse ses cibles à basse altitude, fait des ressources en hauteur, lâche ses bombes, et replonge derrière le relief. Le Su-25 peut sans discussion être considéré comme le plus puissant des avions d’attaque au sol du bloc de l’Est. Le Su-25 n’est pas prévu pour le combat aérien. Sa première défense contre les patrouilles de chasseurs consiste simplement à les éviter. Quand il est engagé, le Su-25 doit opérer à des altitudes extrêmement basses, ce qui entrave la capacité des avions ennemis à l’engager. En utilisant le relief du terrain, le pilote doit faire face aux menaces ou s’éloigner loin du combat si l’occasion lui en est donnée. Source: vol en MiG

Les logements de nos fonctionnaires

La ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, a annoncé ce vendredi la construction en Ile-de-France de six-cents logements destinés aux fonctionnaires les plus modestes de la fonction publique d’Etat. La liste des cadeaux électoraux distribués par le gouvernement s’allonge. Le gouvernement continue de cajoler son électorat. Ce vendredi, ce sont les fonctionnaires qui bénéficient des largesses du pouvoir socialiste, très généreux à mesure que l’on se rapproche de l’élection présidentielle. Selon le ministère de la Fonction publique, six-cents logements vont être construits, “à partir de la fin du second semestre 2016″, qui seront réservés aux fonctionnaires les plus modestes. Ce dispositif est le fruit d’un partenariat entre l’Etat, l’ERAFP (l’Etablissement de Retraite additionnelle de la Fonction Publique) et la Caisse des Dépôts qui se traduira par la signature prochaine d’une convention. L’opération représente un coût total de 60 millions d’euros. Elle a vu le jour en s’appuyant notamment sur un rapport co-signé par Alain Dorison et Chantal Chambellan Le Levier, remis mardi à Mme Girardin. Il constate que “depuis plusieurs années, ni les rémunérations principales des agents publics les plus modestes, ni l’indemnité de résidence, initialement créée à cette fin, ne sont en mesure d’accompagner la progression des dépenses de logement des agents les plus modestes, dans les zones les plus tendues”. Cette annonce intervient alors que le journal Challenges a révélé ce vendredi le montant des cadeaux électoraux accordés par François Hollande depuis quelques semaines. En 2017, l’Etat déboursera 6,5 milliards d’euros pour financer les diverses promesses du président, à destination du cœur de son électorat : la jeunesse, les fonctionnaires, les collectivités locales ou les professeurs.

Falaises

En Hongrie

Je m’entends bien avec mon beau-père, de façon générale. A l’exception d’un seul point : la passion que je peux avoir pour le voyage. Il la trouve anormale et remet souvent le sujet sur la table. Alors il est vrai que j’ai sacrément la bougeotte. Lorsque je prends une semaine de congé, vous pouvez être certain que ma valise est prête et qu’on part le lendemain. Le mois dernier, par exemple, j’ai encore réalisé avec ma femme un voyage de groupe en Hongrie à Budapest. Bien entendu, ces déplacements coûtent cher, et c’est là où mon cher beau-père se sent obligé de faire un commantaire : il ne comprend pas que nous puissions investir autant d’argent dans un voyage qui n’a rien d’indispensable. Selon lui, il serait préférable de garder son argent pour le dernier produit Apple. Je ne sais jamais vraiment quoi lui répondre, parce qu’il semble incapable de comprendre notre point de vue sur le sujet. C’est au fond une manière d’appréhender la vie. Posséder l’objet technologique à la mode n’a aucun intérêt, à mes yeux, pas plus qu’à ceux de ma femme. Mais découvrir toutes les merveilles que le monde a à offrir, c’est une chose qui nous fait tous les deux vibrer. J’ai bien conscience qu’un voyage semble bien éphémère, comparé à un bien matériel, mais ce qu’il offre en vaut vraiment la peine. Car il offre des souvenirs. Et dans une vie où la plupart des jours sont la copie des précédents, et s’effacent rapidement dans la mémoire, ces souvenirs-là sont d’autant plus importants. Je ne serais pas capable de me rappeler ce que j’ai fait il y a deux semaines. Cependant, je n’oublierai jamais les merveilles que nous avons pu voir au Pérou. Nous y sommes pourtant allé il y a un bail, mais ce voyage nous a marqué au fer rouge. Et cela fait du bien, d’avoir des souvenirs qui ne s’effacent pas, des souvenirs qui nous rappellent que nous avons vécu ! Bref, tout ça pour dire que je favoriserai toujours le nomadisme à l’utilitaire de beau-papa. Ce voyage en Hongrie m’a en tout cas séduit. Que ce soit pour la destination ou pour les liens qui se sont tissés entre participants, l’ambiance était parfaite. La source de ce voyage en Hongrie est une agence spécialisée sur le pays – vous trouverez leur contact en suivant le lien.

Quel prix pour le carbone ?

Depuis une vingtaine d’années, en pionnier donc, cet expert de la responsabilité environnementale des entreprises se fait le prosélyte militant d’un “écrire vrai”, puisqu’il les aide – L’Oréal, Valeo, Arcelor, PSA – à la rédaction du fameux rapport RSE (responsabilité sociétale des entreprises) avec des exigences drues dépassant celles de la simple com’ et du si tendance greenwashing. Observateur-acteur de ces enjeux à moyen terme qui se font soudain plus pressants, il passe au crible les actions comme les inerties, les secteurs et groupes qui font la course de l’environnement en tête, et ceux qui attendent encore des stimuli. Il sait faire le tri entre les solutions opérationnelles efficaces et les superbes discours vides de résolutions, les stratégies volontaristes et la passivité languide. Pour en tirer quelques enseignements qu’il fait ici partager. Signe des changements d’époque?: chaque année, la ‘Harvard Business Review’ classe les 100 patrons les mondiaux les plus performants. Avec une nouveauté dans le ranking de cette année?: ils ont accordé 20 points sur 100 à la performance ESG. (Environmental, Social and Government), en utilisant les notations d’une agence spécialisée, Sustain Analytics. Valeo est la première entreprise française puisque son président Jacques Aschenbroich point à la 14e place de ce ranking où l’on trouve dix Français. Son entreprise obtient une bonne note financière, mais une très bonne note ESG, tandis que LVMH, dans le peloton de tête, a une excellente note financière mais un moins bon score en ESG. La performance CO2, devenue un facteur élevé de ce score, va devenir déterminante et demain constituer l’essentiel de la note. “La performance CO2, devenue un facteur élevé de ce score, va devenir déterminante et demain constituer l’essentiel de la note” Dans le cas de l’équipementier, cette bonne notation est due à un certain nombre de défis relevés, comme celui réussi du recyclage, à l’instar toute l’industrie automobile. En fait, aujourd’hui, les véhicules sont quasi complètement recyclables, même s’il reste encore beaucoup de problématiques à résoudre chez les constructeurs. Je travaille avec PSA depuis des années, j’ai envoyé des tas de signaux, mais c’est très compliqué pour cette industrie du XXe?siècle de se reconvertir avec 300?000 personnes. Comment changer de modèle avec ces grandes usines?? Il y aura une révolution comme celle qui s’est déjà faite dans la pharmacie ou dans d’autres activités. On pourrait imaginer des usines d’assemblage communes à tout le monde. Il n’y a plus besoin d’usine Renault, Peugeot, Fiat. Il pourrait y avoir une ou deux très grandes usines en France qui assemblent les modèles de différentes marques. On diviserait par trois les effectifs, mais on gagnerait en productivité grâce à une robotisation encore plus poussée. Dans la pharmacie, toute la production des grands laboratoires est désormais sous-traitée à des producteurs qui fabriquent les médicaments pour le compte des labos. Avec quelques inconvénients?: ces producteurs chinois ou indiens en profitent pour faire tourner leurs équipements pour produire des contrefaçons de ces médicaments. C’est grave?! Les études sont très claires. Comme le prouve celle réalisée par le réseau BSD il y a un an, 90 grands émetteurs dans le monde sont responsables de plus de deux tiers des émissions de CO2?! L’émission de carbone est donc concentrée sur des pays et des secteurs comme ceux du pétrole, du ciment, de l’acier, de l’aluminium, et plus globalement l’énergie avec les centrales à charbon… C’est dans ces secteurs qu’il faut en fait favoriser le CS (Carbone Storage). “90 grands émetteurs dans le monde sont responsables de plus de deux tiers des émissions de CO2?!” Or nous avons épuisé nos premières cartouches avec les systèmes de Kyoto ou les ETS européens, et maintenant, on arrive à des transformations considérables?! On va remettre le coût du carbone dans le prix, moyennant quoi on fera une juste allocation de l’acier par rapport à d’autres matériaux concurrents. Il va y avoir de nouveaux arbitrages probablement au détriment des volumes d’acier?: les carrosseries de voitures peut-être en résine, les bâtiments avec beaucoup moins de ciment et plus de bois… Il est certain que si l’on faisait une aciérie moderne aujourd’hui, ce ne serait pas le système des aciéries de Mittal. Un système de recyclage du CO2 à la sortie serait certainement installé. Mais l’investissement est colossal?! La plupart de ces industriels ont une demande claire?: “Faites-nous un prix, mettez-nous un prix”. C’est lui qui va permettre de développer des solutions de substitution, des mécanismes de remplacement. L’acier est produit aujourd’hui grâce à une réaction chimique qui produit du carbone. S’il devient trop cher à produire, il va falloir inventer des matières plus économiques pour fabriquer des carrosseries. Les bâtiments utiliseront davantage de bois mais les cimentiers, notamment Lafarge, ont fait d’importants progrès pour la réduction et la captation de leurs émissions de carbone. Mais il faut bien voir que le coût de l’émission carbone est à imputer à l’entreprise comme à ses clients. Je ne connais pas bien la frontière entreprise /particulier, car tout cela relève d’un processus d’économie continu. C’est pour ça qu’il faut des règles de marché évaluant le coût du carbone en fonction d’un vrai prix.

Les nouvelles énergies

La COP 21 vient de s’achever sur un succès majeur. Six ans après l’échec cinglant de Copenhague, 195 États et l’Union européenne viennent d’adopter à l’unanimité l’“accord de Paris”. Les parties prenantes s’engagent à contenir le réchauffement climatique en dessous d’un seuil plafond de 2?°C et à mettre en œuvre un plan ambitieux de financement de lutte contre le changement climatique de quelque 100?milliards par an dont bénéficieront, à compter de 2020, les pays les plus pauvres. Ce qui fait dire à certains que “la planète est sauvée”. La transition énergétique est en marche. C’est une bonne chose. Mais une évolution majeure semble avoir été occultée par les différents acteurs de cette COP 21?: c’est la modification radicale d’une scène énergétique mondiale caractérisée aujourd’hui par une dégringolade vertigineuse du prix de l’or noir. Le cours du baril est actuellement inférieur à 40 US dollar, ce qui le met à son plus bas niveau depuis plus de sept ans. On est loin des barils à plus de 100 voire 120?dollars d’il y a quelques années… La plongée du prix du brut s’explique bien sûr par la décision prise au tout début décembre par l’Opep, qui veut maintenir ses parts de marché, de ne pas réduire sa production, ce qui aurait pu permettre une remontée, à tout le moins un maintien des cours pétroliers. Elle s’explique aussi par la révolution du pétrole et du gaz de schiste que connaissent les États-Unis. Ces derniers ont réussi à réduire significativement leur dépendance à l’égard du pétrole importé – qui est passé à quelque 40?% de la consommation totale, contre 60?% il y a peu encore –, mais aussi à devenir de fait autosuffisant en termes de gaz naturel. Résultat?: la production américaine d’hydrocarbures pèse aujourd’hui sur le marché mondial alors même que l’offre, notamment issue de l’Opep, est maintenue artificiellement à un niveau élevé. Il en résulte mécaniquement des pressions à la baisse des cours. Ces dernières sont d’autant plus fortes que côté demande, le ralentissement des pays émergents et, corrélativement, les perspectives en demi-teinte de l’activité économique mondiale, jouent là encore dans un sens baissier. La responsabilité de la Chine y est bien sûr centrale, elle dont la croissance économique titillait les 12?% annuels alors même qu’elle devrait avoisiner seulement quelque 6,5?% cette année et, selon le FMI, se réduire encore pour atteindre 6,3?% en 2016. “La production américaine d’hydrocarbures pèse aujourd’hui sur le marché mondial alors même que l’offre, notamment issue de l’Opep, est maintenue artificiellement à un niveau élevé. Il en résulte mécaniquement des pressions à la baisse des cours” Une autre caractéristique majeure et nouvelle de la géopolitique pétrolière réside dans l’absence de corrélation entre les cours du brut et les évolutions stratégiques, ici ou là, et prioritairement dans la région du Proche et du Moyen-Orient. Il y a peu encore, la guerre en Irak ou en Syrie, deux pays pétroliers, aurait joué à la hausse des prix du baril. Mécaniquement, car les pays en guerre acheminent plus difficilement leur production sur le marché, l’offre s’en réduit d’autant. Psychologiquement aussi, car la réaction du marché à des évolutions géopolitiques majeures a toujours conduit, jusqu’à présent, à voir les cours du pétrole s’enflammer. Aujourd’hui, la donne a changé. Syrie et Irak sont à feu et à sang sans que cela impacte le cours du baril. Du jamais vu. Tous les fondamentaux du marché laissent accroire qu’une situation où le prix du pétrole restera très bas semble appelée à durer. Que ceux qui en doutent se souviennent des années 1990 où le prix du baril tournait autour de 20?dollars. Un pétrole peu cher est une bonne chose bien sûr pour l’Europe, et notamment la France qui importe la quasi-totalité de sa consommation. Mais pour les énergies renouvelables qui sont au cœur de la transition énergétique, ce n’est pas une si bonne nouvelle. Le différentiel de prix avec les énergies carbonées ne peut en effet que s’accroître, ce qui impactera négativement leur compétitivité et, quand bien même leurs coûts ont baissé ces dernières années, les énergies renouvelables auront vraisemblablement besoin des subventions accrues pour s’imposer et répondre aux objectifs de la COP 21.

Quand un processus naturel devient un frein à la croissance

Dernièrement, je me suis rendu à Bilbao pour assister à un colloque qui, contre toute attente, s’est avéré plutôt intéressant. Il s’agissait d’un colloque économique consacré aux questions sociales, et je dois admettre que j’y suis allé en traînant des pieds. Mais j’ai bien vite changé d’avis une fois sur place, en particulier en entendant une certaine intervention. La plupart des interventions avaient un vague air de déjà-vu, mais un intervenant a abordé la question de la redistribution des richesses sous un angle original : il a démontré, avec de nombreux exemples à l’appui, comment et pourquoi la répartition de la richesse se faisait en fait tout naturellement en fonction du niveau de développement d’un pays. Je vais essayer de récapituler son propos de manière claire. Dans les sociétés où règne une pauvreté endémique, l’inégalité s’avère assez faible. Ce qui est, somme toute, logique : toute la population se trouvant prise dans le même état de précarité, les écarts de revenus s’avèrent plus restreints. C’est à partir du moment où une société commence à s’enrichir que l’inégalité prend de l’importance. Pendant cette période déterminante, la réussite tient en effet dans la plupart des cas dans l’accès aux moyens financiers. Etant donné que ces facteurs divergent considérablement d’une personne à l’autre, l’enrichissement au sein de la société est lui aussi partagé de façon très inégale. Ca, c’est le premier niveau d’évolution. Le second degré est atteint lorsque la société atteint un certain niveau de revenus. L’inégalité devient dès lors un sujet essentiel et la question de la répartition gagne vite en importance. Le citoyen conduit à faire de la redistribution une priorité dans l’agenda politique. C’est à ce stade que sont actuellement la plupart des pays occidentaux. Une politique qui a évidemment un impact considérable sur l’économie, comme le soulignait l’intervenant de ce colloque à Bilbao. Car cette obsession croissante apportée à la répartition nous a fait perdre de vue l’intérêt qu’il fallait porter à la prospérité. Serait-ce là la prochaine phase de l’évolution sociale ? Un mix plus équilibré entre social et libéral ? J’ai véritablement aimé ce séminaire en Espagne – et je vous invite à suivre le lien pour vous inscrire au prochain événement l’année prochaine.