En Hongrie

Je m’entends bien avec mon beau-père, de façon générale. A l’exception d’un seul point : la passion que je peux avoir pour le voyage. Il la trouve anormale et remet souvent le sujet sur la table. Alors il est vrai que j’ai sacrément la bougeotte. Lorsque je prends une semaine de congé, vous pouvez être certain que ma valise est prête et qu’on part le lendemain. Le mois dernier, par exemple, j’ai encore réalisé avec ma femme un voyage de groupe en Hongrie à Budapest. Bien entendu, ces déplacements coûtent cher, et c’est là où mon cher beau-père se sent obligé de faire un commantaire : il ne comprend pas que nous puissions investir autant d’argent dans un voyage qui n’a rien d’indispensable. Selon lui, il serait préférable de garder son argent pour le dernier produit Apple. Je ne sais jamais vraiment quoi lui répondre, parce qu’il semble incapable de comprendre notre point de vue sur le sujet. C’est au fond une manière d’appréhender la vie. Posséder l’objet technologique à la mode n’a aucun intérêt, à mes yeux, pas plus qu’à ceux de ma femme. Mais découvrir toutes les merveilles que le monde a à offrir, c’est une chose qui nous fait tous les deux vibrer. J’ai bien conscience qu’un voyage semble bien éphémère, comparé à un bien matériel, mais ce qu’il offre en vaut vraiment la peine. Car il offre des souvenirs. Et dans une vie où la plupart des jours sont la copie des précédents, et s’effacent rapidement dans la mémoire, ces souvenirs-là sont d’autant plus importants. Je ne serais pas capable de me rappeler ce que j’ai fait il y a deux semaines. Cependant, je n’oublierai jamais les merveilles que nous avons pu voir au Pérou. Nous y sommes pourtant allé il y a un bail, mais ce voyage nous a marqué au fer rouge. Et cela fait du bien, d’avoir des souvenirs qui ne s’effacent pas, des souvenirs qui nous rappellent que nous avons vécu ! Bref, tout ça pour dire que je favoriserai toujours le nomadisme à l’utilitaire de beau-papa. Ce voyage en Hongrie m’a en tout cas séduit. Que ce soit pour la destination ou pour les liens qui se sont tissés entre participants, l’ambiance était parfaite. La source de ce voyage en Hongrie est une agence spécialisée sur le pays – vous trouverez leur contact en suivant le lien.

Quel prix pour le carbone ?

Depuis une vingtaine d’années, en pionnier donc, cet expert de la responsabilité environnementale des entreprises se fait le prosélyte militant d’un “écrire vrai”, puisqu’il les aide – L’Oréal, Valeo, Arcelor, PSA – à la rédaction du fameux rapport RSE (responsabilité sociétale des entreprises) avec des exigences drues dépassant celles de la simple com’ et du si tendance greenwashing. Observateur-acteur de ces enjeux à moyen terme qui se font soudain plus pressants, il passe au crible les actions comme les inerties, les secteurs et groupes qui font la course de l’environnement en tête, et ceux qui attendent encore des stimuli. Il sait faire le tri entre les solutions opérationnelles efficaces et les superbes discours vides de résolutions, les stratégies volontaristes et la passivité languide. Pour en tirer quelques enseignements qu’il fait ici partager. Signe des changements d’époque?: chaque année, la ‘Harvard Business Review’ classe les 100 patrons les mondiaux les plus performants. Avec une nouveauté dans le ranking de cette année?: ils ont accordé 20 points sur 100 à la performance ESG. (Environmental, Social and Government), en utilisant les notations d’une agence spécialisée, Sustain Analytics. Valeo est la première entreprise française puisque son président Jacques Aschenbroich point à la 14e place de ce ranking où l’on trouve dix Français. Son entreprise obtient une bonne note financière, mais une très bonne note ESG, tandis que LVMH, dans le peloton de tête, a une excellente note financière mais un moins bon score en ESG. La performance CO2, devenue un facteur élevé de ce score, va devenir déterminante et demain constituer l’essentiel de la note. “La performance CO2, devenue un facteur élevé de ce score, va devenir déterminante et demain constituer l’essentiel de la note” Dans le cas de l’équipementier, cette bonne notation est due à un certain nombre de défis relevés, comme celui réussi du recyclage, à l’instar toute l’industrie automobile. En fait, aujourd’hui, les véhicules sont quasi complètement recyclables, même s’il reste encore beaucoup de problématiques à résoudre chez les constructeurs. Je travaille avec PSA depuis des années, j’ai envoyé des tas de signaux, mais c’est très compliqué pour cette industrie du XXe?siècle de se reconvertir avec 300?000 personnes. Comment changer de modèle avec ces grandes usines?? Il y aura une révolution comme celle qui s’est déjà faite dans la pharmacie ou dans d’autres activités. On pourrait imaginer des usines d’assemblage communes à tout le monde. Il n’y a plus besoin d’usine Renault, Peugeot, Fiat. Il pourrait y avoir une ou deux très grandes usines en France qui assemblent les modèles de différentes marques. On diviserait par trois les effectifs, mais on gagnerait en productivité grâce à une robotisation encore plus poussée. Dans la pharmacie, toute la production des grands laboratoires est désormais sous-traitée à des producteurs qui fabriquent les médicaments pour le compte des labos. Avec quelques inconvénients?: ces producteurs chinois ou indiens en profitent pour faire tourner leurs équipements pour produire des contrefaçons de ces médicaments. C’est grave?! Les études sont très claires. Comme le prouve celle réalisée par le réseau BSD il y a un an, 90 grands émetteurs dans le monde sont responsables de plus de deux tiers des émissions de CO2?! L’émission de carbone est donc concentrée sur des pays et des secteurs comme ceux du pétrole, du ciment, de l’acier, de l’aluminium, et plus globalement l’énergie avec les centrales à charbon… C’est dans ces secteurs qu’il faut en fait favoriser le CS (Carbone Storage). “90 grands émetteurs dans le monde sont responsables de plus de deux tiers des émissions de CO2?!” Or nous avons épuisé nos premières cartouches avec les systèmes de Kyoto ou les ETS européens, et maintenant, on arrive à des transformations considérables?! On va remettre le coût du carbone dans le prix, moyennant quoi on fera une juste allocation de l’acier par rapport à d’autres matériaux concurrents. Il va y avoir de nouveaux arbitrages probablement au détriment des volumes d’acier?: les carrosseries de voitures peut-être en résine, les bâtiments avec beaucoup moins de ciment et plus de bois… Il est certain que si l’on faisait une aciérie moderne aujourd’hui, ce ne serait pas le système des aciéries de Mittal. Un système de recyclage du CO2 à la sortie serait certainement installé. Mais l’investissement est colossal?! La plupart de ces industriels ont une demande claire?: “Faites-nous un prix, mettez-nous un prix”. C’est lui qui va permettre de développer des solutions de substitution, des mécanismes de remplacement. L’acier est produit aujourd’hui grâce à une réaction chimique qui produit du carbone. S’il devient trop cher à produire, il va falloir inventer des matières plus économiques pour fabriquer des carrosseries. Les bâtiments utiliseront davantage de bois mais les cimentiers, notamment Lafarge, ont fait d’importants progrès pour la réduction et la captation de leurs émissions de carbone. Mais il faut bien voir que le coût de l’émission carbone est à imputer à l’entreprise comme à ses clients. Je ne connais pas bien la frontière entreprise /particulier, car tout cela relève d’un processus d’économie continu. C’est pour ça qu’il faut des règles de marché évaluant le coût du carbone en fonction d’un vrai prix.

Les nouvelles énergies

La COP 21 vient de s’achever sur un succès majeur. Six ans après l’échec cinglant de Copenhague, 195 États et l’Union européenne viennent d’adopter à l’unanimité l’“accord de Paris”. Les parties prenantes s’engagent à contenir le réchauffement climatique en dessous d’un seuil plafond de 2?°C et à mettre en œuvre un plan ambitieux de financement de lutte contre le changement climatique de quelque 100?milliards par an dont bénéficieront, à compter de 2020, les pays les plus pauvres. Ce qui fait dire à certains que “la planète est sauvée”. La transition énergétique est en marche. C’est une bonne chose. Mais une évolution majeure semble avoir été occultée par les différents acteurs de cette COP 21?: c’est la modification radicale d’une scène énergétique mondiale caractérisée aujourd’hui par une dégringolade vertigineuse du prix de l’or noir. Le cours du baril est actuellement inférieur à 40 US dollar, ce qui le met à son plus bas niveau depuis plus de sept ans. On est loin des barils à plus de 100 voire 120?dollars d’il y a quelques années… La plongée du prix du brut s’explique bien sûr par la décision prise au tout début décembre par l’Opep, qui veut maintenir ses parts de marché, de ne pas réduire sa production, ce qui aurait pu permettre une remontée, à tout le moins un maintien des cours pétroliers. Elle s’explique aussi par la révolution du pétrole et du gaz de schiste que connaissent les États-Unis. Ces derniers ont réussi à réduire significativement leur dépendance à l’égard du pétrole importé – qui est passé à quelque 40?% de la consommation totale, contre 60?% il y a peu encore –, mais aussi à devenir de fait autosuffisant en termes de gaz naturel. Résultat?: la production américaine d’hydrocarbures pèse aujourd’hui sur le marché mondial alors même que l’offre, notamment issue de l’Opep, est maintenue artificiellement à un niveau élevé. Il en résulte mécaniquement des pressions à la baisse des cours. Ces dernières sont d’autant plus fortes que côté demande, le ralentissement des pays émergents et, corrélativement, les perspectives en demi-teinte de l’activité économique mondiale, jouent là encore dans un sens baissier. La responsabilité de la Chine y est bien sûr centrale, elle dont la croissance économique titillait les 12?% annuels alors même qu’elle devrait avoisiner seulement quelque 6,5?% cette année et, selon le FMI, se réduire encore pour atteindre 6,3?% en 2016. “La production américaine d’hydrocarbures pèse aujourd’hui sur le marché mondial alors même que l’offre, notamment issue de l’Opep, est maintenue artificiellement à un niveau élevé. Il en résulte mécaniquement des pressions à la baisse des cours” Une autre caractéristique majeure et nouvelle de la géopolitique pétrolière réside dans l’absence de corrélation entre les cours du brut et les évolutions stratégiques, ici ou là, et prioritairement dans la région du Proche et du Moyen-Orient. Il y a peu encore, la guerre en Irak ou en Syrie, deux pays pétroliers, aurait joué à la hausse des prix du baril. Mécaniquement, car les pays en guerre acheminent plus difficilement leur production sur le marché, l’offre s’en réduit d’autant. Psychologiquement aussi, car la réaction du marché à des évolutions géopolitiques majeures a toujours conduit, jusqu’à présent, à voir les cours du pétrole s’enflammer. Aujourd’hui, la donne a changé. Syrie et Irak sont à feu et à sang sans que cela impacte le cours du baril. Du jamais vu. Tous les fondamentaux du marché laissent accroire qu’une situation où le prix du pétrole restera très bas semble appelée à durer. Que ceux qui en doutent se souviennent des années 1990 où le prix du baril tournait autour de 20?dollars. Un pétrole peu cher est une bonne chose bien sûr pour l’Europe, et notamment la France qui importe la quasi-totalité de sa consommation. Mais pour les énergies renouvelables qui sont au cœur de la transition énergétique, ce n’est pas une si bonne nouvelle. Le différentiel de prix avec les énergies carbonées ne peut en effet que s’accroître, ce qui impactera négativement leur compétitivité et, quand bien même leurs coûts ont baissé ces dernières années, les énergies renouvelables auront vraisemblablement besoin des subventions accrues pour s’imposer et répondre aux objectifs de la COP 21.

Quand un processus naturel devient un frein à la croissance

Dernièrement, je me suis rendu à Bilbao pour assister à un colloque qui, contre toute attente, s’est avéré plutôt intéressant. Il s’agissait d’un colloque économique consacré aux questions sociales, et je dois admettre que j’y suis allé en traînant des pieds. Mais j’ai bien vite changé d’avis une fois sur place, en particulier en entendant une certaine intervention. La plupart des interventions avaient un vague air de déjà-vu, mais un intervenant a abordé la question de la redistribution des richesses sous un angle original : il a démontré, avec de nombreux exemples à l’appui, comment et pourquoi la répartition de la richesse se faisait en fait tout naturellement en fonction du niveau de développement d’un pays. Je vais essayer de récapituler son propos de manière claire. Dans les sociétés où règne une pauvreté endémique, l’inégalité s’avère assez faible. Ce qui est, somme toute, logique : toute la population se trouvant prise dans le même état de précarité, les écarts de revenus s’avèrent plus restreints. C’est à partir du moment où une société commence à s’enrichir que l’inégalité prend de l’importance. Pendant cette période déterminante, la réussite tient en effet dans la plupart des cas dans l’accès aux moyens financiers. Etant donné que ces facteurs divergent considérablement d’une personne à l’autre, l’enrichissement au sein de la société est lui aussi partagé de façon très inégale. Ca, c’est le premier niveau d’évolution. Le second degré est atteint lorsque la société atteint un certain niveau de revenus. L’inégalité devient dès lors un sujet essentiel et la question de la répartition gagne vite en importance. Le citoyen conduit à faire de la redistribution une priorité dans l’agenda politique. C’est à ce stade que sont actuellement la plupart des pays occidentaux. Une politique qui a évidemment un impact considérable sur l’économie, comme le soulignait l’intervenant de ce colloque à Bilbao. Car cette obsession croissante apportée à la répartition nous a fait perdre de vue l’intérêt qu’il fallait porter à la prospérité. Serait-ce là la prochaine phase de l’évolution sociale ? Un mix plus équilibré entre social et libéral ? J’ai véritablement aimé ce séminaire en Espagne – et je vous invite à suivre le lien pour vous inscrire au prochain événement l’année prochaine.

Les dons passent aussi par le Crowdfunding

La clochette de l’Armée du Salut tinte au-dessus du chaudron de Noël depuis 150 ans. Mais cet appel aux dons ancestral est aujourd’hui distancé par des campagnes au retentissement beaucoup plus grand, aux montants encore plus impressionnants, sans avoir à mobiliser des bénévoles dans le froid. Ces collectes ont trouvé un nouvel allié : les plateformes de financement participatif. Adieu la clochette, bonjour Internet. Un nombre croissant d’associations, d’ONG, et même des antennes des Nations unies, organismes intergouvernementaux, lancent de nouvelles pistes pour récolter des dons ou financer des projets humanitaires en ligne. Un moyen moins humain peut-être mais plus efficace. Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) vient ainsi de lancer une campagne sur le premier site de crowdfunding mondial, l’américain Kickstarter. Les fonds collectés doivent financer des aides d’urgences pour les réfugiés, notamment Syriens. Pour chaque somme, le site donne une indication de son utilisation : 30 dollars permettent de couvrir des besoins en eau de 50 personnes et 600 dollars donnent accès à l’éducation et aux soins pour un enfant pendant un an. A la différence des autres campagnes Kickstarter, il n’y a pas de montant minimum en deçà duquel celle-ci échoue sans recevoir un centime : tous les fonds récoltés seront utilisés (ils sont d’ailleurs déductibles fiscalement). L’initiative a déjà largement dépassé le million de dollar récolté, une somme qu’il aurait été bien difficile de mobiliser en dehors de la plateforme et qui ravit Céline Schmitt, responsable de l’information à l’UNHCR de Paris : « Nous essayons de développer de nouvelles levées de fonds privées car les ressources des Etats ne suffisent plus face aux crises. » D’autres projets sont en cours d’élaboration, avec Airbnb notamment, pour pallier ce manque. Selon l’UNHCR, moins de la moitié de ses actions pour les réfugiés autour de la Syrie ont trouvé les financements nécessaires pour cette année. L’exposition et l’efficacité de ces campagnes sur Internet les ont rendues indispensables. Dans cette veine, d’autres associations ont aussi lancé des collectes, comme SOS Méditerranée qui, avec le soutien de Médecins du monde, récolte des dons sur le site Ulule pour financer un bateau et aller en aide aux réfugiés. La campagne a déjà recueilli plus du double de son objectif initial. Même démarche après les inondations meurtrières dans le sud de la France, le journal local Nice-Matin a lancé un groupe d’entraide sur Facebook et une cagnotte sur Ulule. Il faut dire que le journal connaît bien les vertus de la plateforme, c’était grâce à elle que les salariés avaient récolté en 2014 plusieurs centaines de milliers d’euros pour racheter leur propre entreprise. Pour le directeur général adjoint du site de financement participatif français Ulule, Mathieu Maire du Poset, ces initiatives existent depuis leur lancement il y a cinq ans : « On a déjà eu plus de 3 000 projets portés par des associations pour des projets humanitaires ou solidaires. Les petites associations le font surtout parce qu’elles n’ont ni les moyens, ni les compétences pour organiser une récolte de dons traditionnelle. Les grandes associations, comme la Croix Rouge, le font pour diversifier leurs actions et leurs publics. » S’immiscer dans des modèles déjà répandus sur Internet pour toucher des publics qui ne feraient pas l’effort de se mobiliser dans d’autres structures : ce serait la clé du succès. Même si ce modèle n’est pas toujours adapté et peut présenter des effets pervers. Ainsi, les sites de financement participatif fonctionnent souvent comme un système de prévente, avec des contreparties. Chez Ulule, cette règle vaut pour 98% des projets, ceux-ci ne peuvent être considérés comme des dons. Lorsque des associations reconnues d’utilité publique veulent véritablement mettre en place une campagne de dons – donnant droit aux déductions fiscales qui vont avec – d’autres règles doivent être respectées. La contrepartie ne peut pas alors dépasser 25% de la valeur du don.

L’enfer de la Syrie

Un an après le lancement des raids aériens, alors que Paris et Moscou entrent en scène, la situation ne cesse d’empirer pour les Syriens. Témoignages de réfugiés en Turquie.Dans son habit noir de deuil, la jeune veuve chétive, réfugiée depuis quelques jours chez sa tante à Nizip, cité turque frontalière de la Syrie, a perdu même l’énergie et la voix pour protester contre son sort. Depuis la mort de son mari, lors d’un raid aérien mené par les appareils de la coalition internationale, elle a tout essayé pour rester dans sa ville de Manbij, située à une cinquantaine de kilomètres au nord-est d’Alep et contrôlée depuis près de deux ans par Daech. La jeune femme a réclamé auprès des services du groupe Etat islamique l’allocation prévue pour les veuves, qui devait leur permettre de survivre tant bien que mal, à elle et à ses deux petits, âgés de 1 et 3 ans. “Ils m’ont imposé de suivre une formation durant un mois à la mosquée, explique-t-elle. Ensuite, malgré une série de démarches administratives, ils ne m’ont rien donné. Pourtant, ils avaient réquisitionné mon mari, employé à la compagnie d’électricité. Il a été tué lors d’un bombardement alors qu’il posait un câble. En général, seuls les habitants sont touchés par l’aviation. Les chefs de Daech et leurs djihadistes étrangers y échappent la plupart du temps. Dès qu’ils se cachent, nous autres, les civils, nous savons qu’une frappe est imminente.” Depuis plus d’un an, la coalition internationale réunie par les Etats-Unis a mené des centaines de raids aériens en Irak et en Syrie contre les positions du groupe Etat islamique. Le bilan des opérations est pour le moins mitigé. Depuis quelques jours, pourtant, voici que d’autres avions de combat traversent le ciel syrien. L’offensive fracassante du président de la Russie, Vladimir Poutine, le 28 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU puis celle de son aviation sur le territoire syrien ont suivi de peu les premières frappes françaises contre des positions de Daech. Au nom de la lutte contre l’organisation terroriste, une nouvelle compétition oppose les grandes puissances, engagées dans une guerre à l’efficacité douteuse sur l’ennemi désigné. Les habitants des zones bombardées sont les seuls à pouvoir témoigner concrètement de leurs effets. Eux seuls peuvent mettre des noms sur les “536 à 1550 civils tués par les frappes”, selon les chiffres officiels du Central Command (Commandement central des forces armées) des Etats-Unis, qui revendique par ailleurs la mort de 15000 combattants de Daech. Ce dernier bilan soulève depuis quelques semaines une polémique jusque dans les milieux du renseignement américain. Car les rapports des analystes du Central Command auraient été “enjolivés”, selon plusieurs médias américains, afin de satisfaire les exigences de la Maison-Blanche, décidée à présenter des résultats positifs dans sa lutte contre l’organisation terroriste. Vue du terrain, Daech ne semble pas avoir beaucoup souffert d’une année de frappes quotidiennes sur les zones qu’elle contrôle. Au mois de mai dernier, les djihadistes sont même parvenus à étendre leur territoire aussi bien en Irak, en conquérant la ville de Ramadi, qu’en Syrie, en prenant Palmyre. Avant d’entrer en action et afin de démontrer que seul le régime de Bachar el-Assad, allié de Moscou, saurait combattre le terrorisme, les Russes ont débarqué ces dernières semaines sur la côte syrienne des renforts substantiels en hommes et en moyens militaires lourds, notamment aériens. Le 17 septembre dernier, à Raqqa, “capitale” de l’Etat islamique autoproclamé, dans le nord du pays, un habitant parle de “folie meurtrière sans précédent”. Après des mois d’absence, l’aviation du régime a mené une douzaine de raids sur différentes positions habituellement visées par la coalition dans la ville, faisant au moins 40 morts parmi les civils. Le lendemain, c’était au tour de Palmyre de découvrir la nouvelle puissance de feu de l’armée syrienne, qui a dû abandonner la “perle du désert” à Daech en mai dernier. Pas moins de 25 raids ont été comptés en une journée, entraînant la mort d’une trentaine de civils. Comme souvent, le nombre des pertes dans les rangs de Daech reste un mystère.

Un colloque pour en finir avec la pauvreté ?

Il est un fait avéré que le libre marché ne plaît ni aux technocrates ni aux intellectuels de haute naissance. Il faut dire qu’ils ont du mal à contrôler le système libéral, et que cela les effraie en conséquence. De fait, ils ne manquent pas de le déprécier chaque fois que c’est possible. Et l’argument qui revient le plus souvent dans leur bouche, c’est l’idée selon laquelle le libre marché serait un poison pour les plus pauvres. Cette idée donne donc une justification de prime abord humaniste à leur répulsion viscérale pour le libre marché. A les entendre, les pays défavorisés seraient ruinés par la barbarie du libre marché et la condition des plus pauvres s’en retrouverait encore plus pénible. Mais cette croyance n’est posée sur aucun fondement sérieux. Durant un colloque à Rome jeudi dernier, un participant s’est amusé à décomposer en détail cette croyance, et je ne résiste pas à l’envie de vous résumer très rapidement son propos. Comme il l’a brillamment montré, cette affirmation est en fait complètement à l’opposé de la réalité. Les individus des pays pauvres endurent par-dessus tout un manque de libre marché, et en aucun cas un trop-plein. Les plus pauvres résident traditionnellement là où on bafoue leur droit fondamental de vivre comme ils le veulent. Étouffer le libre marché est en effet une manière comme une autre d’étouffer la liberté. Le libre marché est donc pour cette raison neutralisé dans des dictatures comme le Congo. Très logiquement, un pouvoir qui ne permet pas à son peuple d’avoir la liberté de voter n’acceptera pas que celui-ci effectue ses choix au sein du libre marché ! Durant ce colloque à Rome, l’intervenant a même poussé plus loin sa plaidoirie, en montrant que le libre marché est au contraire extrêmement utile aux populations les plus démunies. Cela leur donne en effet l’occasion de proposer leur labeur à un public bien plus important, et leur permet de profiter d’un meilleur accès aux biens et services en tant que clients. De fait, de nos jours, les populations démunies dans le monde dédient un budget bien plus faible à la nourriture que par le passé, et ce grâce au libre marché. Pour les pays pauvres ayant choisi le libre marché et l’ouverture des frontières pour l’importation de produits, le peuple profite non seulement d’une meilleure sélection de produits, mais aussi à des prix bien plus avantageux. Suivez le lien pour en savoir plus sur ce séminaire en Italie, et notamment pour identifier les conférenciers.

100 Million de dollar pour un extra-terrestre

Iouri Milner s’apprête à dépenser 100 millions de dollars pour réaliser le projet de Stephen Hawking dont le but est la recherche de civilisations extraterrestres. L’investisseur russe a annoncé le lancement du projet aujourd’hui, lors d’une conférence de presse. Il a précisé que Stephen Hawking, physicien et cosmologiste britannique, ne sera qu’un “leader idéologique” du projet. Les moyens financiers nécessaires à la recherche de civilisations extraterrestres seront accordés par Iouri Milner au cours des dix prochaines années. Si ce dernier n’est pour l’instant que le seul investisseur, le projet reste cependant ouvert à d’autres investisseurs. Il est envisagé que les télescopes les plus puissants tels que Green Bank situé aux Etats-Unis ou bien Parkes situé en Australie soient utilisés dans le cadre de ce projet. Les télescopes seront connectés à un logiciel spécial élaboré dans le cadre de la recherche. Selon M.Milner, les nouvelles technologies permettront de traiter le signal avec une rapidité beaucoup plus grande qu’avant. “Cela signifie que nous pourrons traiter une certaine quantité d’information en un seul jour, et non pas en un an comme c’était le cas avant”, a expliqué l’homme d’affaire russe dans une interview accordée au journal RBK Daily. L’équipe compte multiplier par 50 la sensibilité du système de signaux et décupler ainsi élargir la zone d’observation de l’espace. Deux voies principales vont être développées dans le cadre du projet — Breakthrough Listen, censé capter des signaux de civilisations extraterrestres, et Breakthrough Message censé transmettre des messages de la Terre. C’est ainsi que l’investisseur russe a l’intention de ressusciter le projet SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) en le faisant passer à un niveau supérieur. Initialement, le projet, lancé en 1959, était financé par des Etats, mais dans les années 1990, le financement public a été coupé. Depuis 1995, les projets du type SETI sont donc lancés grâce à des investissements privés. Iouri Milner est avant tout connu comme un investisseur dans les projets numériques. En 1999, il a commencé à investir dans Internet en devenant actionnaire du service de messagerie Mail.ru. Entre 2005 et 2009, il a investi plus d’un milliard de dollars dans plus de 30 entreprises comme Facebook, Twitter, Sportifv, Groupon et Alibaba Group. En 2015, Forbes a évalué sa fortune à 3,2 milliards de dollars.

3 Rafales pour l’Egypte

Dassault Aviation a livré lundi à l’Égypte les trois premiers Rafale jamais exportés par l’avionneur français. Ces trois avions de combat s’envoleront mardi pour l’Égypte depuis la base militaire d’Istres. Dassault Aviation a livré lundi 20 juillet à l’Égypte les trois premiers Rafale jamais exportés par l’avionneur français. Ces trois avions de combat, qui font partie d’une commande de 24 unités passée en février, s’envoleront mardi pour l’Égypte depuis la base militaire d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône. La cérémonie de remise des trois avions s’est déroulée au centre d’essais en vol de Dassault Aviation à Istres, en présence du PDG de l’avionneur Éric Trappier et de l’ambassadeur d’Égypte en France, Ehab Badawy. “Cinq mois, c’est un temps record dans le milieu aérien”, explique Armelle Charrier, envoyée spéciale de France 24 à Istres. “Trois pilotes égyptiens ont été formés. Ce sont eux qui prendront pour la première fois les commandes de ces Rafale demain pour les emmener en Égypte”, a précisé la journaliste. Les trois avions livrés ce lundi seront prélevés sur le quota réservé à l’armée française, “parce qu’il n’est pas possible aujourd’hui de construire trois avions en cinq mois”, a indiqué Armelle Charrier. Sur ces Rafale initialement destinés à la France, le système d’armement nucléaire a donc été retiré. Trois autres Rafale seront produits cette année et livrés début 2016 à l’Égypte, au lieu de l’armée française, qui en reçoit habituellement 11 chaque année.

J’ai testé la supercar

Vendredi dernier, par une belle journée ensoleillée. Je gare ma 308 sur le parking et la quitte sans un regard. Elle me paraît bien ridicule, en cette journée un peu particulière. Car dans quelques minutes, je vais conduire une Lamborghini. Et sur circuit de course, histoire de ne rien gâcher ! Bien sûr, ma famille m’a escorté pour cette journée un peu particulière. Après tout, c’est tout de même elle qui m’a procuré ce stage. Je donne mon permis au guichet et gagne la file. Je suis surpris par le monde. En même temps, ça me rassure : ça veut dire qu’ils sont demandés. J’ai découvert sur des forums bon nombre de critiques sur des stages de pilotage particulièrement frustrants. Mais ça ne semble pas être le cas ici : certains y ont déjà fait trois stage de pilotage. Nous gagnons la salle de briefing où un instructeur nous explique les bases du pilotage. Il nous donne des préceptes assez élémentaires ; l’objectif n’est pas de nous transformer en pilotes mais de mieux appréhender les phénomènes physiques qui se produisent quand on pilote. La salle est pleine à craquer. Chaque apprenti-pilote est venu avec sa petite famille ; et ça en fait, du monde ! Vingt minutes plus tard, on gagne l’entrée du circuit où nous sommes accueillis par Maxime : c’est lui qui manage l’organisation au micro. Il appelle tour à tour chaque participant, qui s’équipe alors d’un casque et rejoint le véhicule qui l’attend. L’atmosphère est très bruyante, mais tout paraît organisé comme un ballet. J’entends soudain mon nom au micro et embarque à bord d’une Porsche Panamera pour observer le terrain. Celui-ci présente plusieurs courbes serrées mais également une superbe ligne droite pour s’offrir un pic de vitesse. Après ce premier tour de piste, je dois de nouveau attendre sur le bord de piste. Je ne sais qui, de mes enfants ou moi, est le plus excité. Puis mon nom est une fois encore appelé. Cette fois, c’est du sérieux. Sous les cris de ma famille, je rejoins la Lamborghini et m’installe côté conducteur, et finalement, j’appuie sur le bouton rouge et le moteur se met à vrombir. Il est temps de voir ce qu’elle a dans le ventre. Je m’engage dans la voie d’accélération pour entrer sur la piste. Les premiers instants, tout ce dont je rêve, c’est d’accélérer au maximum. Mais cette Lamborghini est un bijou de 490 chevaux : il vaut donc mieux la piloter… prudemment. Ce serait dommage de rejouer la scène d’Ayrton Senna. Le moniteur à mes côtés me fournit quelques conseils pour freiner et aborder au mieux les lacets. Le rugissement du moteur résonne dans tout l’habitacle. Je suis aux anges. Malheureusement, les 3 tours passent vite. Beaucoup trop vite. Et c’est avec une nostalgie déjà grandissante que je retrouve à mon grand regret ma 308. Je vous laisse imaginer le décalage…Pour plus d’infos, allez sur le site dédié au stage de pilotage.