Monthly Archives: October 2015

J’ai testé la supercar

Vendredi dernier, par une belle journée ensoleillée. Je gare ma 308 sur le parking et la quitte sans un regard. Elle me paraît bien ridicule, en cette journée un peu particulière. Car dans quelques minutes, je vais conduire une Lamborghini. Et sur circuit de course, histoire de ne rien gâcher ! Bien sûr, ma famille m’a escorté pour cette journée un peu particulière. Après tout, c’est tout de même elle qui m’a procuré ce stage. Je donne mon permis au guichet et gagne la file. Je suis surpris par le monde. En même temps, ça me rassure : ça veut dire qu’ils sont demandés. J’ai découvert sur des forums bon nombre de critiques sur des stages de pilotage particulièrement frustrants. Mais ça ne semble pas être le cas ici : certains y ont déjà fait trois stage de pilotage. Nous gagnons la salle de briefing où un instructeur nous explique les bases du pilotage. Il nous donne des préceptes assez élémentaires ; l’objectif n’est pas de nous transformer en pilotes mais de mieux appréhender les phénomènes physiques qui se produisent quand on pilote. La salle est pleine à craquer. Chaque apprenti-pilote est venu avec sa petite famille ; et ça en fait, du monde ! Vingt minutes plus tard, on gagne l’entrée du circuit où nous sommes accueillis par Maxime : c’est lui qui manage l’organisation au micro. Il appelle tour à tour chaque participant, qui s’équipe alors d’un casque et rejoint le véhicule qui l’attend. L’atmosphère est très bruyante, mais tout paraît organisé comme un ballet. J’entends soudain mon nom au micro et embarque à bord d’une Porsche Panamera pour observer le terrain. Celui-ci présente plusieurs courbes serrées mais également une superbe ligne droite pour s’offrir un pic de vitesse. Après ce premier tour de piste, je dois de nouveau attendre sur le bord de piste. Je ne sais qui, de mes enfants ou moi, est le plus excité. Puis mon nom est une fois encore appelé. Cette fois, c’est du sérieux. Sous les cris de ma famille, je rejoins la Lamborghini et m’installe côté conducteur, et finalement, j’appuie sur le bouton rouge et le moteur se met à vrombir. Il est temps de voir ce qu’elle a dans le ventre. Je m’engage dans la voie d’accélération pour entrer sur la piste. Les premiers instants, tout ce dont je rêve, c’est d’accélérer au maximum. Mais cette Lamborghini est un bijou de 490 chevaux : il vaut donc mieux la piloter… prudemment. Ce serait dommage de rejouer la scène d’Ayrton Senna. Le moniteur à mes côtés me fournit quelques conseils pour freiner et aborder au mieux les lacets. Le rugissement du moteur résonne dans tout l’habitacle. Je suis aux anges. Malheureusement, les 3 tours passent vite. Beaucoup trop vite. Et c’est avec une nostalgie déjà grandissante que je retrouve à mon grand regret ma 308. Je vous laisse imaginer le décalage…Pour plus d’infos, allez sur le site dédié au stage de pilotage.

Ma Grèce ne remboursera pas

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a confirmé le 30 juin que la Grèce ne paierait pas avant la fin de la journée l’échéance de 1,5 milliard d’euros qu’elle doit au FMI. Le ministre, attendu par les médias à l’entrée de son ministère, s’est vu demander si le paiement aurait lieu. “Non”, a-t-il laconiquement répondu avant d’aller à son bureau. Le non-paiement des 1,5 milliard d’euros au FMI, qu’Athènes devait rembourser d’ici 22 heures, est un événement exceptionnel mais il était attendu depuis plusieurs jours par les créanciers et les marchés compte tenu des relations actuelles tendues entre le gouvernement grec et l’UE et le FMI. Par conséquent les réactions devraient être mesurées. Lundi soir, le Premier ministre avait déjà prévenu qu’Athènes n’aurait pas de moyen pour payer le FMI en raison de “l’asphyxie” financière dans laquelle il se trouve. Cela est dû au refus des créanciers de prolonger le programme d’aide UE et FMI d’ici fin juillet après le déroulement du référendum. Ce programme arrive à échéance également le 30 juin. Le 27 juin, les créanciers ont vivement réagi lorsqu’Alexis Tsipras a annoncé l’organisation d’un référendum le 5 juillet au pays. Les Grecs sont appelés à dire “oui” ou “non” aux nouvelles mesures d’austérité, proposées par les créanciers. Selon certains dirigeants européens, ce référendum est crucial et porte surtout sur le maintien du pays dans la zone euro. Cette position est rejetée par Alexis Tsipras qui espère toujours avoir un accord dans le cadre européen, tout en insistant sur l’allègement des mesures d’austérité, et l’engagement des créanciers à réduire la dette publique.

Londres perd son âme

En tentant d’attirer à tout prix les hommes les plus riches de la planète, la capitale britannique est en train de se manger elle-même. Le quotidien le Guardian a consacré un long article (repéré par Reader) aux évolutions de la capitale britannique: Londres est en train de «se manger», raconte l’auteur Rowan Moore. Paradis des milliardaires comme l’a affirmé son maire qui fait tout pour les y attirer, Londres est une des villes les plus désirables au monde, et l’investissement immobilier y atteint des records. Et là-bas comme ailleurs, cette spécialisation de la ville dans l’accueil des plus fortunés a ses inconvénients: la question est de savoir à quel point les choix de la municipalité finiront par mettre en péril les raisons mêmes qui ont fait la renommée de la ville. Des commerces de proximité et des petits ateliers de fabrication sont poussés vers l’extérieur par les prix de l’immobilier et les programmes de rénovation. L’espace se contracte pour ces activités pourtant essentielles au dynamisme économique et culturel de la ville: préparations alimentaires et de boissons, textile, high-tech, verreries, réparation de voitures. Un problème que connaissent aussi les artistes qui ont un atelier à Londres: ils doivent s’y maintenir pour avoir accès aux galeristes, aux collectionneurs et acheteurs et pour être à proximité des techniciens de l’art et de tout l’écosystème artistique de la capitale. Les marchés, les pubs, les avenues commerçantes et les communautés qui les fréquentent disparaissent ou s’éloignent. Des lieux gay et lesbiens, notamment certains pubs, sont eux aussi menacés: or la présence d’une communauté gay est souvent associée à une vie urbaine dynamique et diverse, et les transformations des quartiers gays sont un signal inquiétant –également à Paris, où la transformation-gentrification du Marais est préoccupante. Nous voulons vivre dans une ville dont les priorités sont d’être un lieu abordable pour travailler, élever nos enfants et faire fonctionner nos petites entreprises Le site City Metrics publie de son côté un article révélant qu’alors que Londres pouvait compter sur 350 salles de concert en 2007, celles-ci n’étaient plus que 260 huit ans plus tard: là encore, c’est l’attractivité d’une ville qui se vend comme «créative» qui, à terme, est menacée. «La plupart de ces pertes ont la même cause, écrit le Guardian, qui est qu’il n’y a pas d’utilisation plus profitable d’un terrain que le développement résidentiel.» En particulier dans le haut de gamme pour une clientèle internationale, qui n’y loge qu’épisodiquement: ce qui contribue à vider la ville de ses fonctions habituelles. Dans la foulée de cet article très remarqué dans le monde anglosaxon, le site Boing Boing a publié un témoignage qui illustre parfaitement l’ampleur des changements en cours. L’auteur, qui annonce qu’il quitte Londres pour Los Angeles avec sa famille, écrit: «Nous voulons vivre dans une ville dont les priorités sont d’être un lieu abordable pour travailler, élever nos enfants et faire fonctionner nos deux petites entreprises. Mais Londres est une ville dont les deux priorités sont de se transformer en terrain de jeu pour les élites mondiales les plus corrompues qui transforment le voisinage en une série de coffre-fort surélevés vides et sans âme, et de continuer à encourager la criminalité téméraire et irresponsable de l’industrie financière (et ces deux faits ne sont pas sans lien).»