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Londres perd son âme

En tentant d’attirer à tout prix les hommes les plus riches de la planète, la capitale britannique est en train de se manger elle-même. Le quotidien le Guardian a consacré un long article (repéré par Reader) aux évolutions de la capitale britannique: Londres est en train de «se manger», raconte l’auteur Rowan Moore. Paradis des milliardaires comme l’a affirmé son maire qui fait tout pour les y attirer, Londres est une des villes les plus désirables au monde, et l’investissement immobilier y atteint des records. Et là-bas comme ailleurs, cette spécialisation de la ville dans l’accueil des plus fortunés a ses inconvénients: la question est de savoir à quel point les choix de la municipalité finiront par mettre en péril les raisons mêmes qui ont fait la renommée de la ville. Des commerces de proximité et des petits ateliers de fabrication sont poussés vers l’extérieur par les prix de l’immobilier et les programmes de rénovation. L’espace se contracte pour ces activités pourtant essentielles au dynamisme économique et culturel de la ville: préparations alimentaires et de boissons, textile, high-tech, verreries, réparation de voitures. Un problème que connaissent aussi les artistes qui ont un atelier à Londres: ils doivent s’y maintenir pour avoir accès aux galeristes, aux collectionneurs et acheteurs et pour être à proximité des techniciens de l’art et de tout l’écosystème artistique de la capitale. Les marchés, les pubs, les avenues commerçantes et les communautés qui les fréquentent disparaissent ou s’éloignent. Des lieux gay et lesbiens, notamment certains pubs, sont eux aussi menacés: or la présence d’une communauté gay est souvent associée à une vie urbaine dynamique et diverse, et les transformations des quartiers gays sont un signal inquiétant –également à Paris, où la transformation-gentrification du Marais est préoccupante. Nous voulons vivre dans une ville dont les priorités sont d’être un lieu abordable pour travailler, élever nos enfants et faire fonctionner nos petites entreprises Le site City Metrics publie de son côté un article révélant qu’alors que Londres pouvait compter sur 350 salles de concert en 2007, celles-ci n’étaient plus que 260 huit ans plus tard: là encore, c’est l’attractivité d’une ville qui se vend comme «créative» qui, à terme, est menacée. «La plupart de ces pertes ont la même cause, écrit le Guardian, qui est qu’il n’y a pas d’utilisation plus profitable d’un terrain que le développement résidentiel.» En particulier dans le haut de gamme pour une clientèle internationale, qui n’y loge qu’épisodiquement: ce qui contribue à vider la ville de ses fonctions habituelles. Dans la foulée de cet article très remarqué dans le monde anglosaxon, le site Boing Boing a publié un témoignage qui illustre parfaitement l’ampleur des changements en cours. L’auteur, qui annonce qu’il quitte Londres pour Los Angeles avec sa famille, écrit: «Nous voulons vivre dans une ville dont les priorités sont d’être un lieu abordable pour travailler, élever nos enfants et faire fonctionner nos deux petites entreprises. Mais Londres est une ville dont les deux priorités sont de se transformer en terrain de jeu pour les élites mondiales les plus corrompues qui transforment le voisinage en une série de coffre-fort surélevés vides et sans âme, et de continuer à encourager la criminalité téméraire et irresponsable de l’industrie financière (et ces deux faits ne sont pas sans lien).»

De Trafalgar à l’histoire

Le savez-vous, l’Amiral Nelson est posé en haut de sa colonne sur Trafalgar Square, en direction de la France, pour sonner la charge en cas de zèle des gaulois. Cette anecdote, et plein d’autres encore, je les ai eu pendant une immersion d’un nouveau genre à Londres. En effet, avec le boulot, nous avons effectué un séminaire historique dans la capitale britannique pour prendre de l’histoire des réflexions sur l’avenir. Et au menu, la bataille de Trafalgar. Depuis la reprise des hostilités entre la Grande-Bretagne et la France en 1803, la marine anglaise cherchait à affirmer sa domination, notamment parce que l’alliance franco-espagnole avait donné un avantage numérique à ces deux pays. On pouvait craindre que leurs flottes ne se concentrent dans la Manche pour permettre à la France d’envahir l’Angleterre. Avec la terrible défaite de sa flotte à Trafalgar, le 21 octobre 1805, la France abandonna sa suprématie sur les mers à l’Angleterre dont la domination maritime devait durer un siècle. Les flottes anglaise, française et espagnole s’affrontèrent dans l’Atlantique au large du cap de Trafalgar, près du port espagnol de Cadix. Nelson, l’amiral britannique, voulait obtenir un résultat décisif, même si cela signifiait que ses vaisseaux essuieraient le feu de l’ennemi pendant qu’ils s’en approchaient. « Au cas où l’on ne pourrait pas voir ni comprendre parfaitement les signaux, aucun capitaine ne peut se tromper s’il place son navire le long de celui de l’ennemi », avait-il expliqué à ses capitaines avant la bataille. Cela leur permettait de ne pas respecter la formation de combat si nécessaire. Nelson savait que ses vaisseaux étaient plus maniables et que leur armement leur permettrait d’infliger davantage de dégâts de près et ce malgré le nombre supérieur de navires ennemis. Le plan réussit, mais Nelson, aisément reconnaissable à ses étoiles et décorations sur son vaisseau amiral, le Victory fut visé par un tireur français. Il survécut assez longtemps pour apprendre que ses marins avaient été victorieux. Les survivants de la flotte franco-espagnole retournèrent à Cadix et Villeneuve, l’amiral français, mourut dans de mystérieuses circonstances avant de pouvoir faire son rapport à l’empereur. Toute cette plongée dans l’histoire est très intéressante, et ce séminaire nous a permis effectivement de dresser des lignes d’apprentissage pour l’avenir. Si jamais cela vous intéresse, suivez le lien pour obtenir le contact de l’agence qui a organisé notre séminaire à Londres.